Inaptitude - quelle indemnité de licenciement attendre ?

6 juin 2026

Infographie sur le licenciement pour inaptitude, détaillant le constat, l'obligation de reclassement, la procédure et les indemnités à verser.

Table des matières

Une déclaration d’inaptitude ne signifie pas automatiquement que l’indemnité de licenciement sera doublée. Tout dépend de l’origine de l’inaptitude, de l’ancienneté, du salaire de référence et de la convention collective applicable, notamment dans les entreprises de restauration. Le tableau ci-dessous permet de distinguer rapidement les montants dus et de vérifier les principaux éléments du solde de tout compte.

Les montants à retenir avant de vérifier son solde de tout compte

  • Inaptitude non professionnelle : indemnité légale ou conventionnelle, avec au moins 8 mois d’ancienneté.
  • Inaptitude professionnelle : indemnité spéciale au moins égale au double de l’indemnité légale, sans condition d’ancienneté.
  • Préavis : généralement non payé en cas d’inaptitude non professionnelle, mais indemnisé en cas d’origine professionnelle.
  • Ancienneté : le préavis non exécuté est pris en compte dans le calcul de l’indemnité légale.
  • Délai d’un mois : passé ce délai, l’employeur doit reprendre le versement du salaire s’il n’a ni reclassé ni licencié le salarié.

Calcul des indemnités de licenciement : moyenne des 12 derniers mois ou 1/3 des 3 derniers mois. Le plus avantageux pour le salarié est retenu.

Le tableau de l’indemnité de licenciement selon l’origine de l’inaptitude

La première distinction est déterminante. Une inaptitude peut être liée à une maladie ou à un accident de la vie courante, ou provenir d’un accident du travail ou d’une maladie professionnelle. Dans les deux cas, l’employeur doit examiner les possibilités de reclassement, sauf si l’avis du médecin du travail l’en dispense expressément.

Situation Indemnité de licenciement Ancienneté minimale Indemnité de préavis
Inaptitude non professionnelle Indemnité légale ou conventionnelle si elle est plus favorable 8 mois d’ancienneté ininterrompue Non, sauf convention collective ou situation particulière
Inaptitude professionnelle Indemnité spéciale au moins égale au double de l’indemnité légale Aucune condition légale d’ancienneté Oui, sous la forme d’une indemnité compensatrice
Refus abusif d’un reclassement adapté En principe, indemnité légale et non indemnité spéciale Selon les règles habituelles Les conséquences dépendent de la situation

Ce tableau donne le minimum prévu par la loi. Une convention collective plus favorable peut prévoir une indemnité supérieure, une condition d’ancienneté différente ou le paiement du préavis dans certains cas. Dans la restauration, il faut donc vérifier l’intitulé exact de la convention collective mentionné sur le bulletin de paie, plutôt que de se contenter du code APE de l’entreprise.

Comment calculer l’indemnité légale de licenciement

Pour une inaptitude non professionnelle, l’indemnité légale est due lorsque le salarié justifie d’au moins 8 mois d’ancienneté ininterrompue chez le même employeur. Le calcul repose sur le salaire de référence et l’ancienneté retenue à la date de rupture.

Le montant minimal est fixé ainsi pour un salarié en CDI :

  • un quart de mois de salaire par année d’ancienneté jusqu’à 10 ans ;
  • un tiers de mois de salaire par année au-delà de 10 ans.

Le salaire de référence correspond à la formule la plus avantageuse entre la moyenne des 12 derniers mois et le tiers des 3 derniers mois. Les primes annuelles ou variables doivent être intégrées selon les règles applicables. Pour un salarié de restaurant dont les revenus comprennent des primes, des heures supplémentaires ou des avantages en nature, cette étape peut modifier sensiblement le résultat.

Salaire de référence brut Ancienneté Calcul légal Indemnité minimale
2 000 € 2 ans 2 000 × 1/4 × 2 1 000 €
2 500 € 6 ans 2 500 × 1/4 × 6 3 750 €
3 000 € 12 ans 3 000 × [(1/4 × 10) + (1/3 × 2)] 9 500 €

Dans le dernier exemple, les 10 premières années représentent 7 500 €, puis les 2 années supplémentaires représentent 2 000 €. Le total atteint donc 9 500 €. Le préavis non exécuté est pris en compte dans l’ancienneté servant au calcul, même lorsqu’il n’est pas payé.

Ce qui change en cas d’accident du travail ou de maladie professionnelle

Lorsque l’inaptitude est d’origine professionnelle, le régime est plus protecteur. Le salarié reçoit une indemnité spéciale de licenciement au moins égale au double de l’indemnité légale, sans condition d’ancienneté. Une convention collective peut toutefois prévoir une formule encore plus avantageuse.

Il reçoit également une indemnité compensatrice d’un montant égal à l’indemnité de préavis. Cette somme est due même si le salarié ne peut pas matériellement exécuter le préavis en raison de son état de santé. C’est la différence financière la plus importante avec l’inaptitude non professionnelle.

Élément Exemple de calcul Montant
Indemnité légale de base Salaire de 2 500 € et 6 ans d’ancienneté 3 750 €
Indemnité spéciale 3 750 € × 2 7 500 €
Indemnité compensatrice de préavis 2 mois × 2 500 € 5 000 €
Total indicatif hors congés payés 7 500 € + 5 000 € 12 500 €

Ce calcul reste un exemple. Le montant du préavis dépend de l’ancienneté, de la catégorie professionnelle et de la convention collective. Dans les métiers de salle, de cuisine ou de réception, les règles conventionnelles peuvent différer selon le statut du salarié et le texte réellement applicable.

Le préavis et le salaire après l’avis d’inaptitude

En cas d’inaptitude non professionnelle, le contrat est généralement rompu à la notification du licenciement. Le préavis n’est pas exécuté et aucune indemnité compensatrice n’est normalement versée. Il continue toutefois à compter pour déterminer l’ancienneté servant au calcul de l’indemnité de licenciement.

En cas d’inaptitude professionnelle, le préavis n’est pas travaillé non plus, mais il donne lieu à une indemnité compensatrice. Il faut donc contrôler séparément la ligne correspondant à l’indemnité de rupture et celle correspondant au préavis sur les documents de fin de contrat.

Un autre point est souvent oublié. Si, un mois après l’examen médical ayant constaté l’inaptitude, le salarié n’est ni reclassé ni licencié, l’employeur doit reprendre le paiement du salaire correspondant à l’emploi occupé avant la suspension du contrat. Ce délai d’un mois ne supprime pas les obligations de reclassement et ne permet pas de laisser le dossier sans solution.

Selon Service-Public, le salarié peut aussi demander le versement de ses congés payés non pris. Dans un secteur où les périodes de forte activité compliquent parfois la prise des congés, cette vérification mérite une attention particulière.

Les vérifications à faire avant de signer le solde de tout compte

Je conseille de procéder dans cet ordre, car une erreur sur le salaire de référence fausse ensuite tout le calcul :

  1. Identifier l’origine retenue pour l’inaptitude et vérifier qu’elle correspond aux documents médicaux et administratifs.
  2. Relever l’ancienneté exacte, en intégrant le préavis lorsqu’il doit être pris en compte.
  3. Comparer les trois derniers mois avec les douze derniers mois pour retenir le salaire de référence le plus favorable.
  4. Lire la convention collective et les éventuels accords d’entreprise applicables.
  5. Contrôler séparément l’indemnité de licenciement, le préavis, les congés payés et les salaires éventuellement dus après le délai d’un mois.

Les erreurs les plus courantes viennent d’une confusion entre inaptitude professionnelle et non professionnelle, d’un doublement appliqué automatiquement ou oublié, et d’une prime exclue à tort du salaire de référence. Le reçu pour solde de tout compte peut être dénoncé dans les délais légaux, mais il vaut mieux demander le détail du calcul avant de le signer.

En cas de désaccord sérieux, les représentants du personnel, un défenseur syndical ou un professionnel du droit social peuvent reprendre les bulletins de paie, l’avis d’inaptitude et la convention collective. Une simple simulation en ligne donne une première estimation, mais elle ne remplace pas la lecture des règles conventionnelles.

Le bon réflexe pour éviter une mauvaise estimation

Le montant affiché dans un simulateur n’est qu’un minimum tant que l’origine de l’inaptitude et la convention collective n’ont pas été vérifiées. Pour obtenir une estimation fiable, il faut partir du salaire brut de référence, calculer séparément chaque période d’ancienneté et ajouter uniquement les sommes réellement dues au titre du préavis et des congés payés.

Dans une entreprise de restauration, je recommande aussi de conserver les bulletins de paie comportant les primes, les heures supplémentaires et les avantages en nature. Ce sont souvent ces éléments, plus que la formule elle-même, qui expliquent l’écart entre une estimation rapide et le montant finalement dû.

Cet article a un caractère purement informatif et éducatif. Le contenu a été élaboré avec l'aide d'outils analytiques et linguistiques modernes (IA). Avant de prendre une décision, consultez un expert.

Questions fréquentes

Non. Le doublement concerne l’inaptitude d’origine professionnelle, avec une indemnité spéciale au moins égale au double de l’indemnité légale et sans condition d’ancienneté. En cas d’inaptitude non professionnelle, l’indemnité légale ou conventionnelle s’applique généralement à partir de 8 mois d’ancienneté.

Le montant correspond à un quart de mois de salaire par année jusqu’à 10 ans d’ancienneté, puis à un tiers de mois par année au-delà. Le salaire de référence retenu est le plus favorable entre la moyenne des 12 derniers mois et le tiers des 3 derniers mois. Le préavis non exécuté peut être pris en compte dans l’ancienneté.

En cas d’inaptitude non professionnelle, le préavis n’est généralement pas exécuté et aucune indemnité compensatrice n’est versée, sauf règle plus favorable. En cas d’inaptitude professionnelle, une indemnité compensatrice égale au montant du préavis est due.

Si le salarié n’est ni reclassé ni licencié un mois après l’examen médical ayant constaté l’inaptitude, l’employeur doit reprendre le versement du salaire correspondant à l’emploi occupé avant la suspension du contrat.

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Danielle Hamel

Danielle Hamel

Je m'appelle Danielle Hamel et je suis ravie de partager mes connaissances sur winresto.fr. Fort de 5 années d'expérience dans le domaine de la gestion et de la technologie appliquées à la restauration, j'ai développé une passion pour la manière dont l'innovation peut transformer ce secteur. Mon parcours m'a amenée à explorer comment les outils numériques et les stratégies technologiques peuvent non seulement optimiser les opérations quotidiennes des établissements, mais aussi améliorer l'expérience client. J'aime décortiquer des sujets parfois complexes pour les rendre accessibles, en m'assurant toujours de la fiabilité des informations et en suivant de près les tendances émergentes. Mon objectif est de vous fournir des contenus clairs, pertinents et à jour pour vous aider à naviguer dans le paysage en constante évolution de la restauration moderne.

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